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  • Manuel Blanche

Et s'il n'existait que six véritables compétences ?

Mis à jour : 14 mars 2019


Avec la réforme de la formation professionnelle, l’idée de compétence est dans tous les discours et l’iconoclaste qui ne dors en moi que d’un œil se demande si la seule compétence qui vaille n’est pas de savoir que l’on ne sait rien, ou plus exactement, que selon une règle d’humilité, plus j’ai de connaissances plus la quantité de ce que j'ignore augmente. Mais c’est là confondre deux notions, compétence et connaissance, qu’il est important de ne pas mélanger. C’est un peu comme si l’on vous mettait en vrac dans l’assiette le cuisinier et les ingrédients. Mais sur quoi repose la « compétence » du marmiton du savoir que nous sommes tous, tous nos plats se valent-il ? Comment distinguer le hamburger de savoir, le plat mijoté, la fulgurance d’un dessert ? Je connais des individus pour qui la beauté d’une équation a la saveur des meilleurs chocolats.

A bien y réfléchir quelles sont les compétences « racines » qui pourraient constituer le matériau, les ingrédients primordiaux de toutes autres formes et expressions de compétences ? Comment les définir ? Un critère me paraît intéressant, une compétence racine doit être une compétence avec laquelle on peut transformer le monde. Ce qui signifie à bien y réfléchir que l’absence de compétence est avant tout une absence de capacité à transformation le monde.


L’action : La figure du guerrier, la compétence des entrepreneurs de toute nature, des releveurs de défi, les chefs d’entreprises, ce n’est pas une surprise, sont le plus souvent fortement ancrés dans cette compétence. La force de l’action créatrice d’énergie, génératrice de valeur mais aussi de relations à l’autre, le public, le client, l’alter égo, l’Action passerelle entre les hommes, survivre et transformer le monde par le mouvement.


La beauté : la figure du poète, la compétence des créateurs, des artistes, des poètes, siège de l’expression, de la capacité de transfiguration du réel, de la relation à l’imaginaire, de la puissance créatrice qui s’adresse à l’âme des hommes ; Passerelle entre ce monde et les autres mondes, transformer le monde par le rêve, la beauté, l’accès au divin.


La transmission : la figure du maitre et du disciple, savoir alternativement être le maitre et l’élève, être le maillon d’une chaine de transmission. La capacité d’enseigner, de transmettre la connaissance, les savoirs, la puissance pédagogique passerelle entre le maitre et l’élève, celui qui s’élève au contact du maitre, transformer le monde par l’accès à la connaissance, par l’échange des savoirs.


La curiosité : la figure de l’aventurier, la compétence des chercheurs, le terrain de la spéculation intellectuelle, de l’abstraction créatrice, le vertige de l’inconnu, la volonté de comprendre et de transformer le monde par la pensée et la découverte.


L’amour : la figure de l’amoureux et du mystique. A la fois capacité à la passion et goût de la relation, désir de rencontres. Aptitude à tisser des liens entre les Hommes et aussi entre les Savoirs, à sortir de soi. Transformer le monde par la force de l’amour, l’aptitude au partage et à la découverte de l’autre.


L’impertinence : la figure de l’enfant, compétence du poseur de questions, ignorant la langue des diplomates, apte à révéler les véritables questions, celles que l’on n’attend pas. Il risque des hypothèses, l’impertinent démasque les faux semblants pour s’attaquer aux racines. Transformer le monde par l’innocence de ceux qui ne doute pas encore que ce soit possible.


Pour s’épanouir pleinement, chacun doit trouver dans laquelle de ces compétences se situe sa résidence principale, son domaine d’élection, sa vibration fondamentale.

Sans hiérarchie aucune dans l’ordre de leur citation, leurs valeurs sont égales, je dirais même que chacune d’entre elle n’a de réelle valeur qu’associée aux autres.

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